Couvreur professionnel inspectant des bardeaux d'asphalte sur toiture résidentielle québécoise
Publié le 19 février 2026

Depuis 2014, la Régie du bâtiment du Québec reçoit en moyenne 2 843 plaintes par année concernant des travaux réalisés sans licence. J’ai vu des familles pleurer devant des toitures qui coulent après deux hivers. Des propriétaires de Terrebonne, Mascouche ou Blainville qui avaient pourtant comparé trois soumissions. Leur erreur ? Ils ont regardé le prix avant de vérifier si le gars avait le droit de monter sur leur toit.

L’essentiel pour choisir votre couvreur en 5 points

  • Vérifiez la licence RBQ en 30 secondes sur le registre public
  • Exigez une preuve de carte CCQ pour les ouvriers sur le chantier
  • Demandez une copie de l’assurance responsabilité civile en vigueur
  • Refusez tout acompte supérieur à 10-15 % du montant total
  • Obtenez un contrat écrit détaillant matériaux, délais et garanties

Pourquoi 40 % des propriétaires regrettent leur choix de couvreur

L’année dernière, j’ai reçu un appel de la famille Tremblay à Terrebonne. Leur toiture en bardeaux d’asphalte avait été posée huit mois plus tôt par un entrepreneur trouvé sur les réseaux sociaux. Dès le premier hiver, l’eau s’infiltrait dans le grenier. J’ai inspecté le travail : solins mal posés, ventilation d’entretoit inexistante, bardeaux cloués n’importe comment.

Le pire ? Quand ils ont voulu faire jouer la garantie, l’entrepreneur avait disparu. Aucune trace dans le registre officiel de la RBQ. Réfection complète financée de leur poche : 18 000 $. Ce cas m’a marqué parce qu’il illustre exactement ce que je vois sur la Rive-Nord depuis vingt ans.

Le piège de la soumission trop basse

Dans mon activité sur la Rive-Nord et à Laval (environ 150 toitures par année depuis 2020), je vois régulièrement des propriétaires qui signent avec le premier venu sans vérifier sa licence RBQ. Résultat : travaux à refaire en deux ou trois ans, facture qui explose de 40 à 60 %. Ce constat est limité à ma région, mais le pattern se répète partout au Québec.

Le secteur de la construction arrive au quatrième rang sur 70 secteurs pour le nombre de plaintes à l’Office de la protection du consommateur, selon un rapport du Vérificateur général du Québec. Les toitures représentent une part importante de ces dossiers. Franchement, ça me met hors de moi de voir des familles payer deux fois pour le même travail.

Les 5 vérifications qui font la différence (et comment les faire)

Je recommande toujours de vérifier la licence RBQ en premier, avant même de regarder le prix. Voici pourquoi : un entrepreneur sans licence n’a déposé aucune caution, n’a pas prouvé ses compétences et ne peut pas être poursuivi par la RBQ en cas de problème. Vous êtes seul face à lui.

Licence RBQ : le test des 30 secondes

Avant d’embaucher un entrepreneur en toiture, demandez son numéro de licence. Allez sur le site de la RBQ, tapez le numéro dans le registre public. En 30 secondes, vous saurez si la licence est active, quelles sous-catégories elle couvre et s’il y a des restrictions.

Une soumission claire se discute les yeux dans les yeux, pas par texto



Selon la RBQ, un entrepreneur-couvreur doit détenir une licence avec la sous-catégorie appropriée pour les travaux de toiture résidentielle. Pas de licence visible dans le registre ? Raccrochez. C’est non négociable.

Carte CCQ et expérience terrain : ce que ça veut vraiment dire

La licence, c’est pour l’entreprise. La carte de compétence CCQ, c’est pour les ouvriers qui montent sur votre toit. Selon la Commission de la construction du Québec, 6 559 couvreurs étaient actifs sur les chantiers en 2024. Un apprenti doit cumuler 4 000 heures pour devenir compagnon.

Soyons clairs : demander à voir les cartes CCQ des ouvriers n’est pas impoli. C’est votre droit. Un entrepreneur sérieux vous les montrera sans problème. S’il hésite ou s’offusque, c’est un signal d’alarme.

Assurances et garanties : au-delà des promesses verbales

L’Association des maîtres couvreurs offre une garantie 5 + 5 ans sur certains travaux. Mais attention : tous les couvreurs n’en sont pas membres. Exigez une preuve écrite de l’assurance responsabilité civile en vigueur. Pas une photocopie de l’an passé. Le document de cette année, avec la date de validité.

Un entrepreneur demandant une licence doit déposer une caution de 20 000 $ auprès de la RBQ, comme l’indique le guide CAA-Québec sur les garanties. Cette somme protège les consommateurs si l’entrepreneur ne respecte pas ses obligations contractuelles.

Quel type de vérification selon votre situation ?

  • Travaux urgents (fuite active) :
    Vérifiez la licence RBQ et l’assurance en priorité. Pas le temps de magasiner, mais jamais sans ces deux preuves.
  • Travaux planifiés :
    Comparez trois soumissions détaillées, vérifiez les références et visitez un chantier récent si possible.
  • Budget serré :
    Méfiez-vous des acomptes élevés. Exigez les garanties écrites avant de signer quoi que ce soit.
  • Gros chantier (plus de 15 000 $) :
    Exigez un contrat détaillé avec échéancier de paiements. Jamais plus de 10-15 % d’acompte.

Votre vérification en 30 secondes avant de signer



  • Numéro de licence RBQ vérifié dans le registre public


  • Sous-catégorie de licence correspondant aux travaux de toiture


  • Preuve d’assurance responsabilité civile datée de l’année en cours


  • Soumission écrite détaillant matériaux, main-d’œuvre et garanties


  • Acompte demandé inférieur à 15 % du montant total

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif. Vérifiez toujours les licences et certifications auprès des organismes officiels (RBQ, CCQ) avant de confier vos travaux de toiture.

Les signaux d’alarme que j’ai appris à reconnaître en 20 ans

En vingt ans de métier sur la Rive-Nord, j’ai développé un radar pour les entrepreneurs douteux. Certains signaux ne trompent pas. Je ne vais pas vous mentir : la plupart de ces gars-là ont l’air parfaitement professionnels au téléphone.

Ces dommages auraient pu être évités avec une pose conforme aux règles de l’art



Signes d’un couvreur fiable



  • Propose une visite terrain avant la soumission


  • Fournit une soumission détaillée par écrit


  • Accepte un acompte raisonnable (10-15 %)


  • Explique clairement les garanties fabricant et main-d’œuvre

Signaux d’alarme



  • Pression pour signer rapidement (« prix valide 24 h »)


  • Demande un acompte de 50 % ou plus


  • Refuse de montrer sa licence ou ses cartes CCQ


  • Soumission verbale uniquement, sans détail des matériaux

Mon avis (qui n’engage que moi) : si un entrepreneur refuse de vous montrer sa licence RBQ pendant l’appel, raccrochez immédiatement. Un professionnel sérieux n’a rien à cacher. Les chantiers que j’ai réalisés montrent qu’un bon couvreur prend le temps d’expliquer son travail.

Selon les statistiques du Devoir, la RBQ a reçu 2 422 plaintes pour travaux sans licence dans la dernière année financière. Le nombre d’enquêtes menées a chuté de 3 669 en 2014-2015 à 640 en 2023-2024. Ça veut dire quoi ? Que vous devez vous protéger vous-même.

D’ailleurs, avant de signer quoi que ce soit, profitez-en pour vérifier l’isolation de votre toiture. Un bon couvreur devrait pouvoir vous conseiller sur les deux aspects.

Vos questions sur le choix d’un couvreur au Québec

Comment vérifier si un couvreur a sa licence RBQ ?

Rendez-vous sur le site de la Régie du bâtiment du Québec et utilisez le registre des détenteurs de licence. Entrez le numéro de licence ou le nom de l’entreprise. Le résultat affiche instantanément si la licence est active, les sous-catégories couvertes et toute restriction éventuelle.

C’est quoi la différence entre garantie fabricant et garantie main-d’œuvre ?

La garantie fabricant couvre les défauts du matériau (bardeaux qui se délitent, membrane qui craque). Elle dure généralement 25 à 50 ans selon la gamme. La garantie main-d’œuvre couvre les erreurs d’installation (fuite causée par un mauvais solin). Elle dépend du couvreur et varie de 1 à 10 ans. Les deux sont nécessaires.

Quel acompte est raisonnable pour des travaux de toiture ?

Les organismes de protection du consommateur recommandent de limiter l’acompte à 10-15 % du montant total. Un entrepreneur qui exige 50 % ou plus avant de commencer devrait vous inquiéter. Le gros du paiement devrait être versé à la fin des travaux, après inspection.

Est-ce que le couvreur doit avoir une assurance responsabilité ?

Absolument. L’assurance responsabilité civile protège votre propriété en cas de dommage pendant les travaux (bris de fenêtre, dégât à la propriété voisine). Exigez une copie du certificat d’assurance daté de l’année en cours. Sans ça, vous pourriez être tenu responsable d’un accident sur votre propre toit.

Combien de soumissions devrais-je demander ?

Trois soumissions minimum. Ça vous permet de comparer les approches, pas seulement les prix. Attention : la soumission la moins chère n’est pas toujours la meilleure. Comparez le détail des matériaux proposés, les garanties offertes et les délais annoncés.

La prochaine étape pour vous

Vous savez maintenant exactement quoi vérifier avant de signer. La licence RBQ en 30 secondes, les cartes CCQ des ouvriers, l’assurance en vigueur, le contrat détaillé, l’acompte raisonnable. Ces cinq points vous protègent contre 90 % des problèmes que je vois sur le terrain.

Pour le budget, sachez qu’une toiture en bardeaux d’asphalte coûte entre 4 000 et 7 500 $ selon la superficie. Des aides pour refaire votre toiture existent et peuvent alléger la facture.


Mon conseil après 20 ans de métier : ne signez jamais le jour même. Prenez 48 heures pour vérifier la licence, appeler une ou deux références et relire le contrat à tête reposée. Les bons entrepreneurs comprennent ça. Les mauvais insistent pour que vous signiez tout de suite.

Précautions avant de signer votre contrat

  • Les critères présentés sont des indicateurs généraux et ne garantissent pas la qualité finale des travaux
  • Les tarifs et délais mentionnés sont des moyennes constatées au Québec en 2024-2025 et peuvent varier selon votre région et la complexité du chantier
  • Chaque projet de toiture est unique et nécessite une évaluation sur place par un professionnel

Organisme à consulter : Régie du bâtiment du Québec (RBQ) pour vérifier les licences — www.rbq.gouv.qc.ca

Rédigé par Marc Verneuil, couvreur spécialisé en bardeaux d'asphalte exerçant sur la Rive-Nord de Montréal et Laval depuis plus de 20 ans. Détenteur de plus de 40 000 heures CCQ enregistrées, il a supervisé des centaines de chantiers résidentiels, commerciaux et industriels. Son expertise couvre la réfection complète, l'installation de nouvelles toitures et le déneigement. Certifié par la Régie du bâtiment du Québec, il privilégie une approche méticuleuse et le respect des délais.